Suite à l’enquête exploratoire sur « la perception des micropolluants toxiques par les pêcheurs amateurs » effectuée en 2007, il était souhaitable d’ouvrir l’étude à une population plus large d’usagers du fleuve et de l’eau pour confirmer ou infirmer les premiers éléments d’analyse ainsi que les hypothèses de travail alors proposés. Par ailleurs, la pollution du Rhône par les PCB ayant été largement médiatisée, il convenait de tenter de comprendre le contenu des discours et les modalités de transmission du savoir scientifique qui ont alimenté ce qui a constitué la « Crise des PCB ». Enfin, il apparaissait que l’information disponible concernant la pollution des PCB et ses éventuelles conséquences sur l’environnement et la santé, ne répondait pas aux attentes du public. Il importait d’apporter quelques éléments de réflexion sur la communication liée à un phénomène de pollution. Cette étude ethnologique permet de mieux cerner les représentations élaborées autour des micropolluants, la symbolique mobilisée lors de cette construction sociale ainsi que les postures idéologiques sous-jacentes aux discours et formes d’engagements vis-à-vis des pollutions. Elle analyse la « Crise des PCB » en tant que phénomène médiatique et de processus de traduction d’un savoir scientifique. Elle invite à une réflexion sur des stratégies communicationnelles visant à éviter la transformation d’un problème écologique en crise sociologique.
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