Dans un contexte de raréfaction de la ressource et de remise en question des paradigmes de gestion de l’eau historiques, ce projet propose d’analyser la gestion quantitative de l’eau sur l’axe rhodanien à travers l’étude des controverses qu’elle suscite. Ces mobilisations constituent un observatoire privilégié pour comprendre les enjeux politiques liés au partage de la ressource, et en particulier la reconfiguration du rôle de l’État dans la gouvernance de l’eau. Cette approche apparaît d’autant plus nécessaire qu’elle accompagne un profond changement de paradigme dans la gouvernance de l’eau, où l’arbitrage entre différents usages apparaît comme un enjeu central des politiques d’adaptation au changement climatique. S’inscrivant a la croisée de l’écologie politique et de la sociologie des sciences et techniques, l’enquête s’appuie sur deux axes principaux. Un premier axe consiste à analyser les relations entre contestations relatives à la gestion quantitative de l’eau et différentes formes d’expertise et de savoirs (Sarewitz 2004). Un second axe porte sur l’analyse de la distribution des responsabilités et du rôle de l’Etat en particulier autour de la gestion quantitative de l’eau.
Ces deux axes se fondent sur une analyse de documents institutionnels (SDAGE, PTGE) et de sources médiatiques (presse locale, réseaux sociaux, etc) ainsi qu’une étude de cas approfondie centrée sur le canal de Carpentras. La méthodologie combine des entretiens semi-directifs, l’analyse de corpus documentaires et l’analyse de jeux d’acteurs viennent éclairer la distribution des responsabilités et le rôle de l’État dans les dispositifs de gouvernance, notamment à travers le Plan Rhône. Ce travail ambitionne de : (i) mieux comprendre les enjeux socio-politiques, en particulier ceux de justice sociale et environnementale, qui traversent la gestion quantitative de l’eau, et (ii) d’analyser les savoirs controversés à l’oeuvre dans les débats autour de la gestion quantitative de l’eau; (iii) de proposer des outils d’analyse permettant d’augmenter la qualité des débats, par exemple dans les processus de participation, autour des modes de gouvernance et de partage de la ressource.
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